Bonheur simple

18 janvier 2016
Jean-Luc Chovelon

soccer-1427194Pour ceux qui auraient tendance à réfléchir outre-mesure, rappelez-vous que le plaisir du sport est on ne peut plus simple. D’abord parce que si, pour goûter aux joies du supportariat comme à celui de la pratique sportive, il fallait être un génie, les stades seraient vides. Les terrains comme les tribunes. Loin de moi l’idée de dévaloriser quiconque mais c’est bien parce que c’est simple comme bonjour que le sport a du succès. Un peu aussi parce qu’il est devenu une affaire de gros sous, mais ça, c’est une autre histoire.

J’étais donc au stade, hier dimanche, jour béni des croyants qu’on distingue essentiellement par leur lieu de culte : à l’église le matin pour une partie d’entre eux, au stade l’après-midi pour les autres. J’en ai connu qui enchaînaient les deux… Parce que si la messe du dimanche matin a gardé ses prérogatives, ce n’est plus le cas du sacro-saint match du dimanche après-midi, aujourd’hui déplacé à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, en semaine comme en weekend. Il y a belle lurette que les matchs ne se jouent plus en latin… Mais là, de façon étonnante, un match de rugby de Pro D2 se tenait un dimanche après-midi et opposait, affiche toute aussi étonnante, le club aixois rebaptisé depuis peu Provence Rugby au club de Perpignan qui porte le célèbre sobriquet d’USAP, légende s’il en est dans le monde d’Ovalie. Les non-initiés pourraient penser qu’un match de rugby entre Aix-en-Provence et Perpignan, c’est du même tonneau qu’un match de foot entre Jouy-en-Josas et le Paris-Saint-Germain. Mais là où le foot est bien capable de proposer pareille affiche grâce à sa Coupe de France, le rugbyman ne cultive pas ce genre de mélange. A la rigueur, au creux de l’été entre l’apéro et les merguez, mais sinon… Pour enlever toute ambiguïté, donc, Aix et Perpignan disputent le même championnat, le Pro D2, antichambre de l’élite hexagonale. Cocorico. Par contre, ces deux clubs ne nagent pas dans les mêmes eaux au classement. Il y a même toute l’épaisseur d’un océan entre les deux et je ne vous fais pas de dessin quant à savoir lequel des deux fréquente les abysses…

Pourtant, en battant sans faux col ces historiques Catalans pour l’occasion, l’équipe provençale a bouffé le lion. Du lion même. 30 à 21, il n’y avait pas photo (ça se regarde quand même). Et mieux, les Aixois ont rajouté la manière en produisant un jeu de grande qualité ce qui, de mon point de vue, supplante largement la seule victoire obtenue par un concours de circonstances…

Bon, je dois vous l’avouer, je ne suis pas très objectif. J’ai passé plus d’années à jouer dans ce club qu’à faire des études, de l’école maternelle à l’université. J’y ai gagné un disque dur saturé de super souvenirs, j’y ai perdu quelques articulations, deux ou trois dents et autres détails de carrosserie… De plus, ma carrière de sportif est tellement éloignée que je me demande si elle a vraiment existé un jour.

N’empêche, le plaisir du sport est d’une simplicité déconcertante : donner juste un peu de matière à rêver.

Le reste n’est qu’illusion.

Jean-Luc Chovelon

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