Christophe Vissant, courir pour exister

14 décembre 2017
Jean-Luc Chovelon

Pour nous, communs des mortels, la course à pied est une activité pour personne pressée. Ou bigrement mal organisée. On court après le bus, après son gamin, on court après le temps (qu’on ne rattrapera jamais d’ailleurs). Pour d’autres personnes, courir, c’est se maintenir en forme. On court pour être en bonne santé, pour prolonger son éternité mais aussi pour appartenir à un modèle social de consommateurs, les chaussures dernier cri et le débardeur fluorescent. Pour certaines personnes un peu moins mortelles que nous-mêmes, il s’agit d’arriver le premier. On court sur une piste d’athlétisme ou sur un parcours balisé avec un numéro (de prisonnier ?) sur le ventre et avec la ferme intention d’être le plus près possible de la tête. Voilà, en quelques mots, ce qui peut nous amener à courir aujourd’hui. J’ai néanmoins rencontré un homme, Christophe Vissant, qui ne court pour aucune de ces raisons. Et quand je dis qu’il court, il ne fait pas ça à moitié…

Christophe Vissant est ultra-runner. C’est-à-dire qu’il court des distances incroyables jour après jour pendant des mois, sans s’accorder un seul jour de repos. Le but n’est pas de courir vite mais longtemps et, surtout, d’arriver. Un autre conception du sport qui donne une vraie valeur au temps. Il ne s’agit pas de le réduire au maximum mais de l’apprivoiser, de le dompter. Christophe Vissant ne court pas contre le temps, il court avec…

Pas si fou que ça

Christophe Vissant s’est mis en tête de faire le tour de l’Australie en courant. Dit comme ça, il pourrait passer pour un fou. Je vous rassure, il l’est mais pas de la façon que vous imaginez. Son objectif est de boucler les quelque 15 000 kilomètres de son défi en un peu moins de six mois à raison d’une moyenne de 84 kilomètres par jour, soit deux marathons quotidiens, sans aucun jour de repos. Avec une température parfois démesurée, quelques serpents et autres joyeusetés locales. Et je maintiens que Christophe Vissant n’est pas si fou que ça…

Il faut dire que le phénomène n’en est pas à sa première dinguerie. Après Aubagne – Paris en 2008 (en 15 jours à une moyenne de 75 km/jour), Aubagne – Athènes en 2010 (en 38 jours à une moyenne de 72 km/jour) et Marseille – frontière de la Mongolie en 2013 (en 108 jours à une moyenne de 69 km/jour), le voilà parti pour un nouveau défi qu’il devrait lancer l’été prochain.

Christophe Vissant est un garçon pour le moins surprenant. Je l’ai connu alors qu’il venait de réaliser son premier défi de rejoindre Paris et que j’étais encore journaliste. J’avais écrit un portrait que vous pouvez lire sur ce site en cliquant sur les écrits d’ailleurs. Ce qui m’avait surpris lors du premier contact, c’est l’absence totale de doute. Pour surmonter la souffrance endurée, vous me direz que c’est le minimum. Ensuite, il n’a pas le physique d’un Africain des hauts plateaux, il n’est pas sec comme un raisin de Corinthe mais possède la charpente robuste et large. Et puis, il est très sympa. Pas de ces divas qui font la tête comme ils lâchent un pet…

Aidez le à courir

En quittant mon métier de journaliste, il est un des seuls contacts d’alors que j’ai gardé. Mieux, on a le projet d’écrire un bouquin ensemble sur ce tour d’Australie. En attendant, je lui file un coup de main pour sa newsletter et on verra comment je peux l’aider pendant qu’il courra. Parce que cela a du sens.

Allez un peu voir son site en cliquant ici. Son projet n’est pas encore totalement finalisé, il lui manque un peu de sous. Environ 26 000 euros sur un budget de 92 000 euros. N’hésitez pas à l’aider (voir sur son site comment faire), ce type est fou d’une folie contagieuse.

Si vous ne l’avez pas fait, lisez le bouquin de Tom McNab, “La grande course de Flanagan“. Vous comprendrez un peu ce qu’est la folie de courir. Mais si vous avez vu “Forrest Gump“, vous en avez déjà une bonne idée.

Le bonheur est dans le pré, cours-y vite il va filer“, écrivait Paul Fort…

Jean-Luc Chovelon

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