Le faux trou d’air

31 mai 2016
Jean-Luc Chovelon

Oiseau 2Quand, dans les sports collectifs, on parle de faux trou, on pense à cet espace volontairement créé par la défense pour attirer l’attaque, tel un piège qui se referme ensuite sur le pauvre joueur esseulé qui croyait avoir entrevu un morceau de paradis. En rugby, généralement, il est découpé en tranches et mis en boîte. Même si, au haut-niveau, l’organisation offensive a, depuis longtemps, identifié ce genre de pièges pour y apporter nombre de solutions, l’exercice est moins rare dans les niveaux inférieurs. Et pour tout vous dire, pour un défenseur, c’est un petit délice…

Je vous parle de ça, non pas parce qu’une action en particulier a retenu mon attention ce weekend, mais parce que malgré une actualité sportive plutôt chargée, c’est le lot du printemps, j’ai bien du mal à distinguer quelque objet de dissertation parmi les événements du moment. Et même si je ne suis pas à l’abri d’un appauvrissement subit de l’activité de ma matière grise, je pense que nous sommes dans un trou, du genre décrit plus haut, une période où la quantité des événements est telle qu’elle pourrait nous faire croire que l’aficionado atteint son nirvana quand, au contraire, il ne fait que l’entrevoir sans pouvoir encore y toucher. Il y a une raison évidente à ça : la proximité des Jeux Olympiques brésiliens pour les amateurs de sport en général et celle de l’Euro pour les fans de foot en particulier… Difficile de se lâcher quand les sportifs, eux-mêmes, hésitent à le faire, quand l’esprit est branché sur la perspective du mois d’août. Vous me direz qu’il y a d’autres mets à se mettre sous la dent que ces sports olympiques, et notamment le rugby (à quinze) mais même là, le nirvana est encore en salle d’attente en Top 14. Par contre, du Pro D2 jusqu’aux plus petites divisions, le bonheur des phases finales est bien dans le pré.

D’un autre côté, la période est plutôt agréable parce qu’elle laisse libre cours à tous les phantasmes. Jusqu’aux Jeux ( du 5 au 21 août), la planète sport est peuplée de champions potentiels, de rêveurs de médailles, de vainqueurs en puissance. Et les supporters, d’imaginer le monde qui nourrit les envies et d’abreuver les discussions de leurs croyances. Après les Jeux, la réalité reprendra le dessus, consacrant quelques rêves mais en condamnant la grande majorité. Et puis ce sera la fin de l’été, la rentrée des classes, le retour aux pénates et au rythme quotidien d’une vie plus calme.

Mais je serai là pour vous inventer des pensées olympiques…

Jean-Luc Chovelon

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