Il n’y a plus d’hiver chez les sportifs…

23 février 2015
Jean-Luc Chovelon

C’est fou ce qu’il y a comme sport en ce moment ! L’hibernation médiatique du sport est morte et le spectateur est désormais gavé toute l’année. Mes souvenirs d’ado, forcément sélectifs, me ramènent à un temps où seul le Tournoi des V Nations occupait l’actu internationale en cette période de l’année. Je regardais sur la télé en noir et blanc le match du samedi après-midi avec ma grand-mère qui, s’il elle ne comprenait strictement rien aux choses du ballon ovale, nourrissait depuis sa plus tendre enfance un fort ressentiment à l’encontre de quiconque parlait anglais. En bonne Picarde. De fait, le Tournoi chanté par Roger Couderc tenait lieu de catharsis annuelle. Et question presse, je lisais Jean Lacouture dans Le Monde (pas par snobisme mais parce que mon père était abonné)…

Aujourd’hui, pour ceux qui ne l’auraient pas remarquer, les choses ont changé (si, si !). Le handball, le ski, le cyclisme sur piste… ont désormais pris leurs aises au niveau international durant les premiers mois de l’année. Autant de sports qui, jusqu’alors, n’occupaient la une des journaux qu’au moment des Jeux, tous les quatre ans. Et encore, s’il y avait une médaille au bout. Là, pour les médailles, les sportifs tricolores ont copieusement garni leur réserve de métaux précieux. Et ça n’a aucun rapport avec Swissleaks…

Dans cette abondance dorée, les Mondiaux de cyclisme sur piste ne sont pas en reste. Le Français sait pédaler et pas seulement dans la choucroute. La victoire de Baugé en vitesse et sa main ouverte pour signifier ses cinq titres mondiaux dans la discipline ont éveillé ma curiosité et nourri ma réflexion. Parce que si vous cherchez dans les palmarès, l’Antillais de Créteil n’a officiellement gagné que quatre titres en individuel. Son titre de 2011 lui a été retiré faute d’avoir répondu aux règles de localisation dans le cadre de la lutte contre le dopage. Une règle imbécile dont il n’est pas la première victime, mais une règle quand même. Une règle qui jette encore plus la suspicion sur un sport dont les champions sont d’emblée considérés comme des toxicos, face à quoi ils doivent sans cesse se justifier. Une règle qui, au final, épingle au compte-goutte les vrais dopés laissant sur le carreau ceux qui s’accordent quelques instants de liberté, comme d’improviser un resto de dernière minute. Une règle qui ne fait pas la différence entre le shooté et le type qui veut vivre normalement…

Après tout, quelle idée de sortir à l’improviste ? Y-z-ont qu’à regarder la télé comme tout le monde…

Jean-Luc Chovelon

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