Les JO ou les plaisirs sucrés du petit matin

21 février 2018
Jean-Luc Chovelon

Depuis le temps, vous commencez à me connaître. Faut-il que l’actualité sportive devienne un peu plus fournie, comme en ce moment avec ces Jeux Olympiques sortis du frigo, pour que ma réflexion s’en trouve perturbée. Et ma production d’articles sur ce site, amoindrie. Trop de sport et je déborde. Du coup, je vous délaisse. Alors, pas besoin de m’envoyer des lettres de menaces, des colis piégés, des mises en garde venimeuses, je suis toujours là. A veiller sur votre libre-arbitre, à nourrir votre intelligence, à faire reluire votre QI.

Bon, ceci dit, si vous abordez ce deuxième paragraphe, c’est que vous avez le sens de l’humour. Ce qui n’est pas la moindre des qualités en ces temps où on se sait plus trop si on doit rire de tout. Moi, j’ai décidé de suivre ces JO d’hiver avec le sourire aux coins des lèvres et le plaisir en goguette. Trop content d’avoir trouvé une raison pour être insomniaque au petit matin, je me cale devant la télé avec la zapette, les Brèves de Comptoir de Jean-Marie Gourio pour échapper à la pub, un litre de thé pour rester en vie et, comme une évidence, l’humeur joyeuse. Et je me laisse aller…

Perméable au plaisir sans frontières

Je vais vous faire une confidence : je n’ai pas la fibre patriotique surdéveloppée. Bien sûr, la douche du lever du jour est plus onctueuse si le coq a chanté. Si Martin Fourcade a enrichi sa collection de victoires. Si le bleu-blanc-rouge s’est invité au festival des médailles olympiques. Mais, en toute sincérité, je demeure perméable au plaisir sans frontières, au sourire d’un bûcheron canadien comme au clin d’oeil d’une blonde Suédoise. Avec, peut-être, une légère préférence pour cette dernière image…

Dans ces conditions, ma quête de plaisir glisse comme un patin sur la glace sud-coréenne. La télécommande en main et le doigt prêt à appuyer sur le bouton “ferme ta gueule” afin de prévenir tout risque de pollution verbale d’un commentateur excité, ma réflexion n’a plus qu’à se nourrir des images, des mots parfois, des sensations qui sortent du petit écran. Et si vous avez la digestion facile et le colon apprivoisé, vous ne goûterez qu’au nectar des Jeux Olympiques, qui n’en demeurent pas moins le supermarché de l’esprit sportif, avec de magnifiques têtes de gondole mais aussi des invendus manquant de fraîcheur…

Voilà ce que sont mes JO. Des fins de nuit délicatement sucrées, le promesse d’une journée un peu longue et un bref retour à l’essence du sport : le plaisir. De quoi oublier les frasques plutôt ternes des ballons ronds et ovales et les discours polluant de certains dirigeants aveuglés.

Et vous, vous les vivez comment ces JO ?

Jean-Luc Chovelon

Facebooktwittergoogle_pluslinkedinmailFacebooktwittergoogle_pluslinkedinmail

3 Comments. Leave new

RIVIERE Jean-Louis
25 février 2018 18 h 06 min

Je vais finir par avoir honte de ne pas suivre les JO. Voir des sportifs faire autant d’effort, ça me fatigue. Les voir sourire quand ils gagnent ne compense pas le déplaisir à entendre le chauvinisme de certains et sur nos chaînes nous sommes bien classés. J’ai loupé tous les faits marquants des autres pays ou nos journalistes n’en ont pas parlé.
Et puis il est si agréable de savoir que certains ont la nuit courte alors que je suis sous la couette.

Répondre

Revoilà l’artiste ! Que dis-je l’artiste, l’esthète qui me permet de vivre ces JO, moi qui ne regarde que France Inter. Je dois l’avouer la nuit, même avec les JO, je dors. Je pensais, comme tous les Français qui croient être le centre du monde, que la Corée du sud allait se mettre à l’heure de Paris. Que dis-je l’heure de Paris l’heure de Bargemon. Je suis plutôt (en fait je suis Rémy) du genre à esquicher l’oreiller que le canapé. Bon ces quelques mots étaient surtout l’occasion de vous envoyer des pensées amicales et des bises qui ne le sont pas moins.

Répondre

Bel article 😀 ! Moi, mes JO, je les vis avec un chocolat chaud dans la main droite, un plaid sur les genoux, et je regarde la neige tombée dehors pendant les pubs… Et mon sentiment patriotique a “évolué” pour ainsi dire, puisque je suis davantage le Canada que la France (je suis un peu l’humeur de mon entourage, on ne se le cache pas…). A ce propos, va voir la prestation de Tessa Virtue and Scott Moir, deux patineurs canadiens qui ont décroché l’or, c’est absolument magnifique… La bise bien fraîche !

Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.