Quand le sport se libère de la com…

16 février 2015
Jean-Luc Chovelon

Prenez un sport plutôt argenté. Le foot, par exemple. Prenez une équipe dorée, pas par son palmarès mais par les moyens qui lui sont accordés. Le PSG, tiens. Écoutez ce qu’il s’en dit. Parce que forcément, il se dit beaucoup de choses à son sujet, on ne file pas des millions d’euros à des types qui courent en short derrière un ballon sans le dire à tout le monde. Et puis soumettez ça aux lois du sport. Enfin, les lois, c’est peut-être beaucoup dire… A la logique du sport plutôt. Bien souvent, l’argent a raison de l’aléa mais pas toujours. Et on se retrouve, comme ce week-end, avec une équipe de stars qui, le temps d’un match contre un mal-classé, dégringole de son piédestal pour arracher le nul et remplir, en même temps, son infirmerie. A quelques jours d’un huitième de Ligue des Champions contre un gaillard d’outre-Manche. Je sais pas vous mais moi, la péripétie me titille et ce match contre Chelsea qui, il y a quelques jours encore, s’annonçait comme une comparaison de porte-monnaies, prend une autre dimension. Un peu éloigné de la com que le chéquier achète en toute logique.

En fait, j’aime quand le sport nous raconte une histoire qui en vaille le coup. Quand le XV d’Irlande, ce même weekend, bat des Français vaillants mais partis de trop loin pour espérer l’emporter. Parce que cette équipe de bonshommes verts réalise ce que la politique (ou la religion) n’a jamais réussi : donner une unité sur un territoire, une île en l’occurrence, divisé. Ne rêvons pas non plus, le sport n’y est que prétexte, l’unité y serait toute aussi belle s’il s’agissait d’un ensemble symphonique ou d’un collectif de défense de la Guinness…

J’aime aussi quand un skieur un peu vite oublié s’adjuge le slalom des Mondiaux américains, tel Jean-Baptiste Grange tout frais sorti du formol où il baignait depuis plusieurs années. Le ski rend possible ce genre d’histoire, le football beaucoup moins.

Et si elle était là, la vraie richesse d’un sport, d’une discipline. Dans cette faculté à nous surprendre, non pas sur le nom du vainqueur (ou pas seulement) mais aussi et surtout dans cette capacité à nous raconter des histoires bonnardes, loin des sentiers tracés au bulldozer par une com mono-synaptique ?

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