Le sport traditionnel est-il en danger ?

7 novembre 2017
Jean-Luc Chovelon

Tombé sur cette information au fil de mes vagabondages internetistiques : l’e-sport (entendez les jeux vidéo) pourrait bien faire son apparition au programme des Jeux Olympiques, dans le giron du sport traditionnel et institutionnel.

A dire vrai, l’info n’en est pas vraiment une. A une époque où le tout règne main dans la main avec le n’importe quoi (je vous entends mugir derrière vos écrans), il n’y a pas de raison qu’on nous préserve de cette question. Pourquoi pas une course de natation de 60 mètres sous l’eau, ou encore un 200 mètres avec obstacles ? Pourquoi pas un lancer de disque à deux mains ou encore du saut en hauteur sans élan ? Pourquoi pas un tir aux pigeons vivants ou encore du tir à la corde ? On pourrait se le demander si, un jour, ces disciplines n’avaient pas été olympiques mais… elles l’ont toutes été. Sans exception (lisez et regardez ça, vous pourrez briller en société). Alors pourquoi pas l’e-sport ?

L’e-sport aux JO ? Un doux rêve…

Sans doute faut-il poser la question différemment pour commencer à avoir un avis. Qu’est-ce que l’e-sport gagnerait à devenir discipline olympique ? Des sous parbleu * ! Et pas qu’un peu même si les jeux vidéos sont un véritable industrie. Il y gagnerait aussi une certaine légitimité, une sorte d’adoubement institutionnel. Autre façon d’appréhender la question : Qu’est-ce que le mouvement olympique aurait à y gagner ? Là, c’est toute sa raison d’exister qui est en balance…

Je vous explique. L’une des leçons tirées des derniers JO est que, globalement, le téléspectateur a été moins assidu. Je vous rassure, on n’en est pas encore au stade où le sport traditionnel n’intéresse plus personne. Pourtant, force est de constater qu’un certain public, les jeunes surtout, s’y intéresse de moins en moins. De là à dire qu’ils sont tous devant leur écran d’ordi en train de combattre des aliens shootés à la testostérone ou de conduire des voitures qui n’existent pas encore, le raccourci est un peu rapide, ignorant là l’immense majorité des glandos de tout genre qui, fort heureusement, font que l’homme est homme et que la femme est femme…

Du coup, la tentation est grande d’admettre en son sein cette industrie avant même qu’elle ne vous phagocyte. Ne vous leurrez pas et imaginez, dans quelques années, les Jeux Olympiques d’e-sport (accolé à un nom de marque, évidemment) accueillant en sport de démonstration un 100 mètres plat ou une épreuve de gymnastique…

Des modèles revisités

Mais tout ça n’est qu’un rêve car, franchement, il est bien peu probable que l’e-sport devienne un jour discipline olympique. A cela, une raison très simple : là où la longévité culturelle du sport traditionnel repose sur un immobilisme préhistorique (les règles ne changent jamais ou alors très peu), l’e-sport est dans une ébullition permanente. Comment imaginer un jeu qui puisse tenir la durée d’une olympiade (quatre ans) sans modification majeure quand on sait que l’essentiel de sa carrière commerciale tient dans les trois premières semaines qui suivent sa sortie ? Comment ignorer la guerre que se livreraient les éditeurs de jeux pour que soit désigné un seul comme support olympique ?

J’avoue que j’attends avec amusement le jour où l’e-sport aura pris la place des sport traditionnels dans notre société. Usain Bolt serait remplacé par un petit bonhomme avec des lunettes et une acné galopante, ça serait drôle. Michael Phelps serait suppléé par un obèse rigolard, Teddy Rinner par une gothique surdouée et LeBron James par un grand Duduche débraillé…

Et pourquoi pas ?

Jean-Luc Chovelon

* : J’adore cette interjection et je me soupçonne de vous parler de ce sujet à l’unique fin de me faire plaisir…

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1 Comment. Leave new

RIVIERE Jean-Louis
11 novembre 2017 10 h 58 min

Il fait relativement beau sur Marseille mais avec tes mots tu ajoutes juste suffisamment de lumière pour que ce jour soit souriant.
(dis moi, où vas-tu chercher tout ça?)

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