Ce ne sont plus des espoirs, c’est tout un programme !

28 novembre 2016
Jean-Luc Chovelon

Haka des All-BlackJ’ai un aveu à vous faire : je ne savais pas que j’étais lu, et encore moins écouté, par les joueurs du XV de France. Sinon, comment expliquer le match plein d’ardeurs et de passions de nos Bleus face aux Blacks, de moins en moins “All” et de plus en plus humains. Que ce que j’avais perçu comme des espoirs ne se révèlent être les ligne d’un programme que la décence m’évitera de qualifier de politique. Mon post de la semaine dernière après leur défaite minimale face à l’Australie (cliquez ici pour la piqûre de rappel) ressemble aujourd’hui à une prévision divinatoire, bien qu’il ne fusse nul besoin de naître avec un protège-dents dans la bouche et un ballon ovale entre les pognes pour prédire la prolongation d’un plaisir en voie de renaissance. Vous me direz que, de façon plus probable, la cause de ce nouvel élan a un nom : Guy Novès. Trêve de plaisanteries, c’est évident. Et j’avoue là ma deuxième surprise en quelques lignes. Non pas que je découvre aujourd’hui les qualités du coach toulousain, mais plutôt parce que le jeu actuel de l’équipe de France éclaire de façon aveuglante les carences de cette même équipe lorsqu’elle était entraînée par Philippe Saint-André. Que j’ai longtemps défendu dans les colonnes de mon canard lorsque j’étais journaliste.

Pas question, évidemment, de jeter la pierre au goret. Juste signaler que ses qualités de joueurs et que sa réussite de coach à Gloucester et à Toulon ont peut-être fait de lui un manager hors-pair mais pas un coach du XV national. Boulot ô combien délicat dont personne n’avait jusqu’à ce jour dessiné le costume de façon évidente parmi les pontes de la FFR chargés de le nommer. Après Marc Lièvremont le joueur et, donc, Philippe Saint-André le manager, voilà Guy Novès l’entraîneur. Le meilleur dans l’hexagone ou, tout du moins, celui qui a le plus d’expérience. Et de découvrir, à l’occasion, que l’entraîneur du XV de France doit avant tout être un… entraîneur. Ne souriez pas, ce n’est pas nécessairement le cas dans le modèle anglo-saxon où le coach est à la tête d’une organisation bien huilée.

Mais revenons à notre samedi soir avec cette défaite que vous qualifierez comme moi de “pleine d’espoirs” si les affres de la compétitivité ne vous ont pas mangé le cerveau. Evidemment, la performance aurait été plus belle avec la victoire au bout mais que les All-Blaks doivent leur succès à deux essais de contre suffit à placer la performance tricolore. Et l’état d’esprit des joueurs, désormais capables de prendre des risques face à la meilleure formation du moment. Car, cela doit demeurer une évidence, gagner, c’est savoir prendre des risques. La gestion pépère des victoires comme des défaites est une gangrène dont la première victime est le public. Et si un joueur, une équipe, un dirigeant, un club, une Fédération ne bosse pas pour le public, autant qu’il reste à la piaule à jubiler devant le spectacle du CAC 40.

Maintenant, j’attends l’Angleterre. Prochain et premier adversaire du Tournoi que les Français iront défier dans son antre de Twickenham le 4 février prochain. Comme moi, vous vous dites que si le XV de France emmené par une troisième ligne de rêve (Gourdon, Picamoles, Ollivon) garde le fil déroulé durant cet automne, on vivra d’autres beaux moments.

Qui auront toutes les chances de devenir grands tôt ou tard.

Jean-Luc Chovelon

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