Les vœux de la vieille

4 janvier 2016
Jean-Luc Chovelon

stockvault-target-hit-by-cupid---valentine039s-day174256Même si l’exercice prend parfois des allures imposées, les vœux pour la nouvelle année sont, au final, une pratique de supporters. Souhaiter qu’on gagne, qu’on aille mieux… La santé surtout, et le beau jeu. La famille, ton équipe, celle pour laquelle tu te peins le visage et qui t’accompagne jusqu’au comptoir pour refaire le monde. Le travail, aussi, pour que tu aies assez d’argent pour renouveler ton abonnement de supporter, ou à Canal, ou à Bein… Rien de nouveau, donc, sous le soleil hivernal, si ce n’est une année qui change d’unité pour des vœux une nouvelle fois formulés en rapport avec nos espérances démesurées.

Objectivement, et sans faire preuve d’un pessimisme de mauvais aloi après une année 2015 plombée par l’imbécilité extrémiste mais aussi, détail futile, par une actualité sportive pas suffisamment réjouissante pour nous redonner le sourire, peut-on attendre mieux de 2016 ? Évidemment, tout ceci n’est qu’une vision de l’esprit, une victoire, un titre et un record ne sont des soleils que si on le veut bien. Alors, commençons par nous persuader que ce soleil là n’est pas mort, qu’il resplendit au-dessus des nuages et préservons-nous dès à présent des coups de folie comme des coups de soleil qui voudront sacrifier notre discernement sur l’autel de notre passion pour le sport. Et abreuvons-nous sans modération de la moindre miette de plaisir : un dribble endiablé, une passe sur un pas, une course rayonnante ou un uchi-mata de belle envergure…

N’empêche, malgré toutes ces précautions, on sait d’ores et déjà que 2016 va nous livrer son lot d’affaires nauséabondes, voire de désagréables surprises. L’UEFA n’a pas fini de retourner ses déchets, avant et après l’élection d’un nouveau président, la sextape de Valbuena, de mettre à jour les pratiques décalées de ces enfants gâtés, le Tour de France, d’allonger la liste des dopés et les Jeux Olympiques, de relever quelque royale incongruité. Comme le prévoit avec humour Le Monde dans son supplément du weekend dernier. Mais il y aura de somptueux matchs de foot, avec ou sans acteur porno, des exploits légendaires sur les pentes des cols alpins et pyrénéens et de purs moments de félicité à Rio. Par exemple. Et des surprises, évidemment, qu’on espère bonnes. Il y en aura des mauvaises, évidemment, mais c’est bien parce qu’on est quête de ce qui n’est pas prévisible qu’on se retrouve, tous autant qu’on est, dans les tribunes d’un stade, devant la télé ou au bistrot, à parler de ballon, d’arbitres et d’autres insignifiances.

Et puis se dire, pour nourrir nos rêves, que les handballeurs tricolores vont continuer à régner sur le toit du monde, que nos rugbymen vont réaliser le Grand Chelem, que nos footeux vont décrocher l’Europe, que Thibault Pinot va mettre tout le monde d’accord sur la Grande Boucle, que les médailles françaises vont tomber au Brésil tout comme cette virale sinistrose.

Et se promettre, dans tout juste un an, qu’on remettrait bien ça…

Jean-Luc Chovelon

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